La méthode : prix plancher = coût de possession ÷ taux d’utilisation
La plupart des loueurs fixent leur prix en regardant le concurrent d’en face. C’est une façon rapide d’hériter des erreurs des autres. La méthode correcte part de votre véhicule, pas du marché :
- Additionnez ce que le véhicule coûte sur une année, qu’il roule ou non. Amortissement (prix d’achat moins revente, divisé par la durée de détention), assurance, entretien et pneus, intérêts du financement, parking, télématique, taxes. C’est votre coût de possession annuel.
- Estimez honnêtement votre taux d’utilisation. Pas celui que vous espérez : celui que vous constatez. 365 jours × ce taux donne le nombre de jours réellement facturables.
- Divisez. Coût de possession ÷ jours loués = ce que chaque jour loué doit rapporter rien que pour rentrer dans vos frais. Ajoutez le coût variable d’une journée de location (lavage, consommables, temps passé) et vous obtenez votre coût de revient journalier, c’est-à-dire votre prix plancher.
- Ajoutez votre marge. Prix conseillé = coût de revient ÷ (1 − marge visée). On divise, on ne multiplie pas : viser 25 % de marge sur le chiffre d’affaires n’est pas la même chose que d’ajouter 25 % au coût.
Le point contre-intuitif : le taux d’utilisation pèse plus lourd que le prix d’achat. Le même véhicule loué 40 % du temps au lieu de 55 % voit son prix plancher grimper de près de 40 %. Avant de baisser vos prix pour remplir, vérifiez que la baisse ne vous fait pas passer sous le plancher : vous rempliriez alors votre planning en payant pour le faire.
Les trois erreurs les plus fréquentes
- Oublier l’amortissement. Un véhicule payé comptant semble gratuit. Il ne l’est pas : il perd de la valeur chaque mois, et cette perte est un coût réel qui doit être couvert par les locations.
- Raisonner sur 365 jours. Diviser les coûts annuels par 365 donne un prix qui ne couvre rien : le véhicule n’est pas loué tous les jours. Il faut diviser par les jours loués.
- Accorder une remise longue durée sans vérifier le plancher. −35 % sur un mois est parfois excellent (le véhicule serait resté au parking) et parfois ruineux (il vous prive de jours que vous auriez vendus plein tarif en haute saison). La colonne « contrôle » de la grille ci-dessus le signale.
Et la saisonnalité ?
Ce calculateur donne un prix moyen sur l’année. En pratique, un loueur applique trois saisons : une haute saison où la demande dépasse l’offre et où le prix doit monter nettement au-dessus du conseillé, une saison intermédiaire proche du prix conseillé, et une basse saison où l’objectif n’est plus la marge mais le taux d’utilisation — avec pour seule règle absolue de ne jamais descendre sous le prix plancher. La moyenne annuelle des trois doit rester égale ou supérieure au prix conseillé calculé ici.
Questions fréquentes
Comment calculer le prix de location d’un véhicule ?
Additionnez le coût annuel de possession du véhicule (amortissement, assurance, entretien, financement, frais fixes), divisez-le par le nombre de jours réellement loués dans l’année (365 × votre taux d’utilisation), ajoutez le coût variable d’une journée de location : vous obtenez votre coût de revient journalier, donc votre prix plancher. Le prix conseillé s’obtient en divisant ce coût par (1 − marge visée).
Qu’est-ce qu’un bon taux d’utilisation ?
Il n’existe pas de norme officielle. En location courte durée de véhicules légers, une fourchette de 45 à 65 % est un ordre de grandeur couramment évoqué par les professionnels, avec de fortes variations selon la saison, la zone et le type de véhicule. Le chiffre qui compte est le vôtre : comptez vos jours loués sur les douze derniers mois et divisez par 365.
Faut-il inclure ma rémunération dans les coûts ?
Non, pas dans ce calcul. Les coûts saisis ici sont ceux du véhicule. Votre rémunération, votre loyer, votre comptable et vos assurances d’entreprise sont des frais de structure : ils se financent sur la marge dégagée par l’ensemble de la flotte. C’est pourquoi la marge visée doit être nettement supérieure à zéro.
Les montants sont-ils HT ou TTC ?
Les saisies et les résultats sont en HT, car un professionnel récupère la TVA sur ses achats. Le prix conseillé est aussi affiché en TTC à 20 %, taux normal en France métropolitaine, pour l’affichage client. Vérifiez le taux applicable à votre situation.
Mes données sont-elles envoyées quelque part ?
Non. Le calcul est fait entièrement dans votre navigateur : aucune valeur saisie n’est transmise à un serveur. L’e-mail est facultatif et n’est demandé qu’après, si vous voulez recevoir le lien des outils.